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Énergies positives > Thomas Guilly

Portait de Thomas Guilly, Pour l'amour du clocher de son village

Thomas Guilly

Thomas Guilly est un enfant du pays. Le jeune homme de 19 ans, la tête bien remplie, trace sa route et sait où il veut aller. Apprendre, restaurer, redonner vie au patrimoine, l’artisan couvreur zingueur en devenir a le sens du détail, surtout quand il rénove le clocher de son village natal, Saint-Germain-L’Herm.

Aujourd’hui, le vent s’est levé et nous fouette les joues. Thomas nous reçoit à l’intérieur, dans la chaleur du foyer de son école, là où il retrouve ses camarades de classe pour discuter, boire un café ou jouer au billard. L’allure est simple, jeans baskets, tenue adéquate pour aller en cours. Arrivé en retard, il s’excuse. C’est un peu la course, car l’apprenti vient de récupérer ses vêtements et sa boîte à outils, grignotant sur sa pause déjeuner. Cette semaine, Thomas est à l’école au BTP CFA de Haute-Loire à Bains, près du Puy-en-Velay, où il suit une mention complémentaire de zingueur. Ils sont seulement trois dans sa spécialité, dont la mission future sera d’assurer l’étanchéité et l’isolation thermique en dessous des toits. Un métier ancestral qui a de l’avenir, où Thomas apprend à manipuler le zinc, le cuivre et le plomb comme personne ! Le reste du mois, il pratique aux côtés de professionnels du métier. Dernièrement, il était encadré par Maurice Nailler, une entreprise de charpente et couverture spécialisée dans la restauration du patrimoine bâti basée à Clermont-Ferrand. « C’est là que je voulais travailler, les chantiers sont intéressants car on travaille sur des monuments historiques », apprécie Thomas. Son livre de chevet n’est autre que « le traité de couverture », indispensable selon lui pour comprendre le type de pose qu’il faut pour chaque pente, comme mettre le bon angle pour l’arête d’intersection de deux versants de toiture…

DOUÉ DE SES MAINS
Thomas déroule un parcours peu classique. Il est l’un des rares de sa promotion à avoir le bac en poche. « J’ai passé un bac professionnel technicien constructeur bois. Puis, j’ai bifurqué dans la couverture et j’ai passé un CAP de couvreur à Massiac dans le Cantal, en 1 an, que je complète avec la Mention zinguerie. » Pendant les vacances scolaires, le jeune homme a eu la chance de travailler avec Geraud Verne, un artisan installé à Condat-lès-Montboissier. C’est là qu’il a découvert l’univers de la couverture : « Après la charpente, on fait la couverture. C’est un ensemble de choses qui me plaisent : on touche plus de matériaux, il y a un esprit d’équipe et j’aime être dehors. » Pas facile tous les jours, surtout quand les intempéries jouent les trouble-fête : « C’est agréable dès qu’il y a un rayon de soleil ! D’autant que la vue est belle sur le territoire d’Ambert Livradois Forez, surtout entre ciel et terre. »

LA RESTAURATION DU CLOCHER DE SON VILLAGE
Thomas a grandi à Saint-Germain-L’Herm, un village de 500 âmes qu’il rejoint dès que l’occasion se présente, pour voir ses parents, profiter des bons moments et – dernièrement – pour travailler sur un chantier pas comme les autres : la restauration du clocher de l’église romane du village. Perché sur un échafaudage à plus de 50 mètres de haut, il changeait, au côté de trois autres ouvriers, toutes les ardoises qui recouvraient le toit, au moins 10 000 ! « On avait déjà ouvert quatre palettes de 2 000 ardoises et ce n’était pas fini », confie Thomas qui restaurait aussi les abat-sons en bois, les lames inclinées vers le bas qui favorisent la diffusion du son des cloches, pour que le village les entende tinter. Lorsque le bruit du marteau et de l’enclume commençait à résonner dans les rues, les passants aux aguets venaient saluer Thomas, l’enfant du pays. « C’est super sympa de travailler sur l’église de son village, les gens me reconnaissaient et me saluaient, mes parents aussi depuis la maison, mais elle était un peu loin pour que je les voie ! En tout cas, ce chantier a suscité des discussions. C’était l’un de mes préférés, j’y ai mis tout mon cœur ! »

PARFAIRE SES COMPÉTENCES
Manuel, minutieux, fort en géométrie, organisé, Thomas aime tutoyer les sommets avec des toits pas communs. Le jeune couvreur zingueur a déjà participé à la restauration du clocher de l’église de Saint-Étienne-sur-Usson en tuile canal, ou celle de la tour de l’abbaye de Montpeyroux en ardoise. Des monuments qui accrochent le regard dans le paysage. Il est 13h30, la cloche a sonné (celle de l’école), Thomas demande à sa prof de maths s’il peut terminer notre échange. Elle n’y voit pas d’inconvénient, il n’a pas besoin de repasser les matières théoriques. La suite, Thomas l’envisage toujours sur le chemin de l’apprentissage. Il souhaite passer un brevet professionnel de couvreur pour parfaire ses techniques, à l’école de Marciac, et en alternance dans une autre entreprise, pour « élargir les horizons ». Toujours entre ciel et terre.