Veuillez patienter pendant le chargement...

Énergies positives > Thomas Ducros

Portait de Thomas Ducros, Marié à la petite sportive

Thomas Ducros

Terre Rouge. Un hangar sans enseigne près de la route départementale. On se gare devant, il y a plein de places. Les trésors, eux, sont à l’intérieur. Thomas Ducros nous attend pour une visite sans chichi des “ Petites sportives”.

La trentaine toute fraîche, survêtement, sweat Petite sportive. Content. Thomas nous montre direct le « projet C15 turbo 16 suivi par les abonnés sur YouTube » : une épave délavée désossée… 27 800 abonnés à la chaîne YouTube Petite sportive suivent ce projet. Bon, y’a un truc. Thomas nous guide entre les voitures : une Xsara “montée circuit”, une 206 “montée circuit” puis, à l’intérieur, une 106 S16, une 205 GTI turbo, une 306 turbo 16 – « on l’a refaite de A à Z » – une Golf G60… Les odeurs d’huile, de graisse et de nettoyant me rappellent l’enfance. Il y avait des établis dans les garages et nos grands-pères connaissaient “la mécanique”

« REGARDEZ OÙ VOUS MARCHEZ ! »
« Attention ! Il faut regarder où on pose le pied ici, rigole Thomas. On essaie de ranger mais bon… ». Les outils, les pièces détachées, jonchent le sol. Nous passons devant l’atelier. Derrière une porte double j’aperçois une perceuse puis un poste à souder, des clés dynamométriques, un compresseur, des servantes… le tout pêle-mêle avec poussière et petits débris, vis, rondelles, caoutchoucs. Vu de l’intérieur, le hangar désaffecté révèle un garage semi-professionnel. Il y a même un pont élévateur. « Donné par l’Institut des Terre Rouge. Un hangar sans enseigne près de la route départementale. On se gare devant, il y a plein de places. Les trésors, eux, sont à l’intérieur. Thomas Ducros nous attend pour une visite sans chichi des “ Petites sportives”.
Marié à la Petite sportive ! métiers de Clermont. Les parents ont aidé, on fait les casses et les garages, ça fait cinq ans qu’on aménage… On pourrait encore améliorer, dit Thomas machinalement. Là, on va changer l’éclairage. On va mettre des LED, ce sera plus blanc, plus clair. » Je lève le nez. Quatre vieux néons déglingués éclairent faiblement en faisant “Bzzz”.
Thomas se dirige tranquillement vers un escalier métallique sans chichi qu’il nous invite à monter. On le suit. « L’escalier, c’est nous qui l’avons fait… et voilà ! ». En haut, la mezzanine est aménagée en bar salon avec des sofas, des palettes en guise de tables et deux frigos qu’on imagine garnis de bières. Vue plongeante sur les 250 m² et les cylindrées refaites de A à Z. Un ange passe. On arrache Thomas à sa contemplation : « Vous venez souvent ici ? »

CONTRÔLER SA PASSION
Thomas est électricien industriel. Il a créé l’association en 2015 à cause d’une 205 GTI avec laquelle il s’est marié en 2018. Rectifions : son épouse et lui-même se sont mariés dans la voiture. Du moins, c’était la voiture de leur mariage. Bon, passons. Après la 205 GTI, il a vu une vidéo de 76 Perf Swap Auto. C’est à partir de là qu’il a “chopé le virus”. Je garde prudemment mon masque. Heureusement, Thomas précise qu’il ne faut pas « se laisser manger par sa passion ». Les voitures sont en perpétuelle évolution. « Comme les pièces coûtent assez cher, on prend le temps de vivre avec les transformations». Tandis que je me demande ce que signifie « vivre avec les transformations », Thomas vient à ma rescousse. Chacun est propriétaire de sa voiture et la transforme à son rythme et selon son budget, son temps, ses idées. Mais tout le monde s’entraide. Comme les voitures n’ont pas le droit de rouler sur les routes de France, elles sont transportées sur des plateaux jusqu’au circuit d’Issoire par exemple ou celui du Pouilly en Auxois. C’est celui du Bourbonnais à Moulins qui a sa préférence – « plus sinueux ». Sur les circuits, « on peut rouler vite, sans contrainte ».

ROULER POUR ROULER
J’imagine qu’il y a des prix, des compétitions ou des tournois avec des trophées, des remises de coupe. Mais Thomas m’arrête tout de suite, « on roule pour rouler » dit-il. On se regarde. Je repense à l’unique fois de ma vie où j’ai conduit une grosse cylindrée un peu légère, celle d’un copain. Au frisson de sentir la puissance des chevaux sous le capot en appuyant sur l’accélérateur et la voiture qui décolle. Cela donne envie d’essayer illico un de ces petits bolides.

Et sinon, comment fait-on pour rejoindre la compagnie m’enquis-je innocemment ? « Ça se fait de fil en aiguille, on vient au garage, on bricole… Il y a une ambiance très amicale, on rigole ». Thomas lance une musique tirée de sa playlist sur la grosse enceinte posée au sol. De l’autre côté, du Ninho et Nekfeu s’écoulent en fond sonore. Nous devinons la connivence qui unit les passionnés de mécanique par-delà les distances. Thomas parle d’un préparateur lyonnais auquel il a deux fois confié THE 205 GTI, d’un copain de Saint-Étienne qui a pris racine et cherche un pied-à-terre, des pièces rares pour lesquelles on est prêt à faire des centaines de bornes, des nombreux rallyes qui rapprochent les amateurs sur le territoire. Au final, « c’est une assez grosse communauté ». Puis, Thomas évoque le temps d’avant l’épidémie, « quand on organisait à Ambert des rassemblements de 450 voitures qui attiraient des milliers de visiteurs ».
Alors en route pour 2022 !