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100% attractif > Melchior Werner et Frédérique Legay

Portait de Melchior Werner et Frédérique Legay, Restaurateurs-hôteliers // Chambon-sur-Dolore

Melchior Werner et Frédérique Legay

Ils ont quitté la Haute-Savoie pour venir poser leurs valises à Chambon-sur-Dolore. Frédérique et melchior n’ont pas oublié d’emporter avec eux ce qu’ils avaient de plus précieux, le goût de faire plaisir. C’est avec une joie immense qu’ils perpétuent depuis février l’histoire d’une institution locale, l’hôtel-restaurant la clairière qui existe depuis… 1864 !

Tout a commencé par un projet de vie plutôt personnel. Melchior et moi avions tous les deux des activités très prenantes, des rythmes de vie frénétiques et plus du tout de vie privée. Nous avons des métiers passion : j’étais gouvernante générale dans un palace, le Royal à Evian-les-Bains en Haute-Savoie, Melchior, cuisinier, travaillait dans différentes maisons en France et à l’étranger, comme au restaurant gastronomique Le Lion d’Or à Cologny en Suisse. Cela faisait longtemps que nous voulions nous mettre à notre compte, reprendre quelque chose en nous investissant dans une affaire qui corresponde à nos valeurs. Bien sûr, devenir son propre patron est très prenant, mais nous savions qu’au moins nous pourrions nous épauler et passer du temps ensemble. Nous avons prospecté pendant deux ans sur toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, sans se limiter à un territoire. Nous connaissions déjà l’Auvergne car le papa de Melchior habite à Blesle, près de Massiac. Nous avions un cahier des charges précis : la ruralité, un hôtel restaurant avec un jardin, critère indispensable, et un territoire inscrit dans une gastronomie comme l’est le Livradois-Forez.

Nous sommes tombés sur La Clairière et avons eu un coup de foudre aussi bien pour le lieu que pour la propriétaire, Christine Magaud, une personne généreuse, solaire, la 5e génération à la tête de cette maison inscrite dans l’histoire et le patrimoine local. C’est un territoire enchanteur, perdu, un petit bourg avec ce magnifique bâtiment qui faisait office de relais de poste en 1800. Christine tenait cette maison seule, à bout de bras. Elle cherchait à la vendre depuis plusieurs années, ses enfants ne souhaitant pas la reprendre. Elle nous a accompagnés admirablement, la passation s’est faite dans la douceur et la bienveillance et nous avons eu un super accueil.

La Clairière rythme depuis toujours la vie du village qui compte 120 habitants. Un samedi midi, nous avons servi 192 couverts, soit plus que le nombre d’habitants du bourg ! Nous faisons perdurer un patrimoine mais aussi du lien social. Cela fait du bien de se sentir utile car dans le luxe, je n’avais pas cette valeur ajoutée.

Cet hôtel-restaurant est un lieu de réunion pour les habitants et de maintien d’emploi : nous avons cinq salariés et projetons d’en recruter d’autres, transmettre la passion de nos métiers aux jeunes. Des associations viennent ici, des clubs 3e âge pour leur après-midi dansant, certains de loin. Nous avons compris l’importance que cette maison représentait, les souvenirs compilés lors d’événements importants, anniversaires, mariages, baptêmes. Alors nous l’avons conservée comme elle l’était, et y apporterons petit à petit notre touche personnelle. L’hôtel qui n’était ouvert que le week-end et les vacances scolaires, est désormais ouvert tous les jours pour accueillir des travailleurs en itinérance qui redécouvrent le territoire et des touristes pendant les vacances. Côté restaurant, nous augmentons les services face à la demande et avons à cœur de travailler les produits locaux.

Il faudrait être difficile pour ne pas aimer cette région, ses magnifiques paysages, ses vallons, sapins, la vue sur toute la vallée au détour d’une route. Nous avons quitté la Haute-Savoie, un département surpeuplé, l’agressivité et la frénésie qui l’accompagnent. Ici, les gens prennent le temps d’apprécier ce qu’ils ont autour d’eux, de s’apprécier les uns les autres. Notre fille de 26 ans, maître d’hôtel, travaille à distance avec nous. Elle nous a demandé de garder le bébé au chaud !

Quand on a demandé à Christine si elle regrettait que la maison sorte du patrimoine familial, elle a répondu en parlant de nous : « S’il n’y a que cela, je les adopte ! »