Veuillez patienter pendant le chargement...
Nuit du 2 décembre 2015. Marrit Veenstra arrive au Bouy, à Saint-Gervais-sous-Meymont après avoir vécu six ans à Nice et parcouru l’Amérique du Sud. Maintenant, le Bouy est la meilleure destination pour elle.
Oui, je me souviens très bien. Nous sommes arrivés avec des copains et mes chats dans deux caisses. Les voisins nous attendaient et nous ont aidés à décharger le camion. Dans la maison il fallait chasser l’humidité, le froid, les toiles d’araignées. On a bu un verre, c’était super : je commençais une nouvelle vie.
Je connaissais cet endroit parce que je venais avec mes parents tous les ans dans un vieux tube Citroën et on campait… comme beaucoup d’Anglais et de Hollandais ! J’adorais cette tranquillité. Je suis d’un tempérament plutôt solitaire, et cela me convenait. Et puis ça ressemble à La Frise, où j’ai grandi. Dans les années 90, nous avons acheté la maison et je suis revenue ici chaque fois que j’ai pu. C’est un territoire aimanté pour moi !
Quand je suis arrivée en 2015, je n’avais pas de projet bien défini. J’avais tourné le dos au métier d’architecte en agence, à la mentalité très particulière de Nice, et je me demandais ce qui allait me faire me lever le matin. J’ai été orientée vers la couveuse d’entreprises Coagir où je suis entrée comme graphiste freelance. Mais je cherchais autre chose.
J’ai commencé à faire des essais d’impression sur de vieux draps en lin chinés dans les vide greniers. J’étais vraiment très émue par ces draps, leur matière. Un jour, je suis allée broder à Aubusson où il y avait des machines et d’autres femmes. Et là, j’ai adoré. J’ai eu un déclic : des lignes, des points, des perles. Du noir et du blanc.
Le choix de vivre autrement, sur un territoire où les choses sont simples, m’a amenée à construire un langage visuel sur la mémoire et l’humain. L’usure est une érosion. Maintenant j’ai un statut d’artiste-auteure à la Maison des Artistes.
Mon atelier se trouve à Tours-sur-Meymont dans l’ancienne poste. C’est parfait pour moi car ainsi je peux recevoir du public et je sépare les choses. Il a été occupé par Le Chouette Restaurant et La Chouette Épicerie. C’est un petit bourg vivant autour du Bistrot de la Halle. Maintenant, je peux choisir de voir du monde ou pas ! Et souvent je m’échappe dans les bois.
Je me suis aussi engagée dans la vie locale pour avoir « les pieds sur terre ». Je suis conseillère municipale pour la programmation culturelle. À Vic-le-Comte, je préside maintenant l’association Matières d’art en lien avec Le Trampoline et les marchés. Nous avons un projet de café culturel et un projet de land art avec des vanniers, des archis, des designers, des artistes. Parfois je me dis qu’il faut que je me recentre un peu sur mon travail !