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Redécouvrir le quatuor sur instruments historiques, démarche entreprise depuis quatre ans par le jeune Quatuor I Folletti, c’est explorer de nouveaux horizons et se rapprocher de la perception des œuvres au moment de leur création.
Les quatuors de Debussy, Fauré et Janáček nous conduisent au tournant du XXème siècle de l’impressionnisme à l’expressionnisme, de l’insouciance de La Belle Époque aux noirceurs de l’après première guerre mondiale.
Debussy en 1892 est au sommet de son art et Claude de France, comme ses amis aiment l’appeler, développe dans son unique quatuor toute la poésie qui éveille les sens. Le mode phrygien, mode ancien qui porte l’œuvre, l’ancre dans une Espagne rêvée sous le charme de la culture gitane. Manuel de Falla, compositeur andalous en dira : « le deuxième mouvement […] pourrait passer pour l’une des plus belles danses andalouses que l’on n’ait jamais écrite ».
Autre atmosphère pour Gabriel Fauré, après la guerre en 1924, le vieux compositeur sourd s’imagine déjà entouré d’anges. Égal à lui-même, le chantre de l’impressionnisme nous promène d’une douceur infinie, d’une triste allégresse, dans un monde intérieur fait de poésie. Rien n’a changé depuis les mélodies de Verlaine ou Baudelaire, depuis le requiem si serein, depuis la sonate pour violon si chère à Proust, si ce n’est le désir de dire adieu, dans un ultime opus, empruntant le chemin de l’au-delà.
Enfin le tchèque Leoš Janáček, un an plus tôt quitte l’ancien monde pour ouvrir les portes de l’expressionisme et nous conte la nouvelle de Tolstoï « Sonate à Kreutzer ». La musique, comme un chemin de fer, voit ses lignes déformées : l’harmonie disparaît au profit du bruitage, tel l’illustration sonore d’un film muet. Oui, nous sommes bien au cinéma, dans un train à vapeur traversant une vallée boisée et découvrons un homme aux cheveux blanc qui nous confie sa propre tragédie.
Alors entre ces deux mondes contemporains si éloignés stylistiquement, il reste le quatuor à cordes qui vit les derniers feux de la musique ancienne : où les cordes en boyaux, où les archets anciens, arrondissent les sons, nimbent les attaques et donnent à écouter des œuvres d’une insaisissable finesse, ce que nous propose le jeune et talentueux Quatuor I Folletti.
Eglise de Beurières
Le bourg
63220 Beurières
Lundi 3 août 2026 de 21h à 22h30.
Plein tarif : 20 € (Libre participation pour les -18 ans), Tarif réduit : 10 € (Etudiants | Minima sociaux), Adulte : de 9 à 18 € (en pré-vente sur le site).
07 68 19 39 85
p4c@laposte.net
https://www.par-quatre-chemins.com