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Énergies positives > Nathalie Davesne

Portait de Nathalie Davesne, Un colibri pour la vie locale

Nathalie Davesne

Saint-Germain-l’Herm, à 1 000 mètres d’altitude au cœur des bois. Ici pas de problème de stationnement, on se gare facilement. Nous posons donc la voiture sur la placette du village, juste devant Le Colibri. Ouvert. La façade soignée et colorée contraste avec les bâtiments d’allure médiévale. Elle semble dire : par ici la vie !

LE COLIBRI : MICRO-CAFÉ ASSOCIATIF OU LIEU INCONTOURNABLE DE LA VIE LOCALE ?
Nous passons la porte insérée entre deux très belles vitrines exposant des sculptures en papier. Déjà nous sommes touchées par l’intention qui émane des lieux. « Entrez ! » nous invite une voix du fond. C’est Nathalie Davesne, directrice de l’association. Queue de cheval sur une écharpe rouge, allure et voix juvéniles. Il y a aussi un bénévole – « grâce aux bénévoles et aux salariées, le café est ouvert tous les matins y compris le dimanche. » L’espace bar est chaleureux, on s’installe et on papote sans effort. Nathalie est directrice depuis 2009, le lieu est ouvert depuis 2016. « Nous avons tout fait ici. » Nathalie « chemine depuis 17 ans » avec l’association. L’air de rien, elle égrène les différentes activités qui se cachent derrière la façade du Colibri, et nous commençons à comprendre pourquoi nous avons fait la route.

 

TOUT LE MONDE EN PROFITE
L’association est « un espace de vie sociale » agréée par la CAF : cela signifie qu’elle accueille les enfants après l’école pour un temps d’accompagnement à la scolarité. C’est un Point d’Appui à la Vie Associative (PAVA) labellisé par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports ou, en d’autres termes, un lieu phare. La programmation culturelle rythme la vie locale avec une soirée par mois et une par semaine en été : « On accueille 150 à 250 personnes. Il faut bloquer la rue, installer la buvette, 80 chaises, 40 tables, la sono et toujours prévoir un espace de repli… ». C’est aussi une « Micro-folie » : un musée numérique modulable donnant accès aux œuvres d’art proposées par le parc culturel parisien La Villette et qui circule dans les EHPAD et les collèges. Nathalie vérifie qu’elle n’a rien oublié. « Ah oui, on anime des ateliers numériques pour répondre aux demandes les plus courantes, et il y a Le Colibri itinérant aussi… » On a fait le tour ? « Depuis 2021, nous sommes Fabrique de Territoire suite à l’appel à manifestation d’intérêt. Avec La Licorne, un café-concert partenaire avec lequel l’association a monté sa candidature pour le projet. »

L’HÔTEL DE FRANCE : UN PASSÉ GLORIEUX, MAIS PAS QUE…
«Nous avons maintenant 6 salariées avec un budget d’environ 180 000 €. Nos activités occupent 500 m² d’espaces de stockage disséminés un peu partout. C’est problématique. L’idée est de regrouper nos activités dans un lieu unique pour créer encore plus de liens. Venez, je vous emmène. » Nous quittons à regret notre nid douillet, direction route de La Chaise-Dieu. Cette fois, on s’arrête devant l’Hôtel de France. « Voilà, c’est là ! », lance fièrement Nathalie. Dedans, des bâches de chantier couvrent le sol. Il y a des enduits, un échafaudage, de la

musique, deux électriciens et deux bénévoles avec pinceaux. « Ça fait 1200 m² mais nous avons dimensionné le projet associatif pour 800 m² au départ. Il y a trois grandes salles en enfilade, deux bureaux, deux cuisines, un jardin pour nos soirées d’été… », déroule Nathalie en nous guidant dans le palace en rénovation. Waouh ! On croit rêver.

VERS UN TIERS-LIEU XXL AVEC UN PROJET SOCIAL « DE OUF »
Le résultat, comme souvent, est le produit du hasard tempéré par l’effort. Cet Hôtel de France était en vente depuis 16 ans : aucun projet d’achat ne tenait face à l’ampleur des travaux de mise aux normes. « En 2021, la CAF a choisi de nous accompagner vers un projet d’achat. Nous étions en confiance, et nous y sommes allés. Nous avons d’abord reçu une subvention équivalente à 80 % de l’investissement initial, puis une seconde subvention pour la mise aux normes. La Mutualité Sociale Agricole (MSA) nous aide également sur ce projet. » La dimension sociale du lieu sera affirmée avec la possibilité de rendez-vous avec la CAF et la MSA, dans des bureaux qui auront leur propre entrée. Le Colibri aura pignon sur rue avec une exposition mensuelle, de même que les ateliers numériques, artistiques et scolaires « pour un mix socio-culturel fécond ». Ouverture de cette nouvelle fabrique de territoire prévue cet été